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27/02/2008

Sortie du numéro 74

545371207.jpgBonjour à toutes et à tous,

Le numéro 74 est sorti avec une enquête qui prolonge le dossier sur la Classification Internationale du Fonctionnement (CIF) du numéro de janvier 2008. Denis Jaudoin et ses collègues dressent un panorama du handicap et de l'impact sur la prise en charge.  Un compte-rendu du Forum SFK sur la réforme des études de kinésithérapie et ces 8 propositions.  Au passage une réflexion sur l'avenir de notre diplôme et de notre nom "Masseur" "Kinésithérapeute" est soulevée. Des revues de synthèse montrant que le massage n'est pas efficace (voir l'éditorial à ce sujet). Beaucoup d'intervenants étrangers pensent que nous devons savoir où nous voulons aller: santé, bien être, sport. Et La question de l'intégration des données de la recherche à l'enseignement initial est soulevé: sommes-nous prêt à transmettre plus l'état de l'art que des "coutumes" ? La profession répondra. Deux articles originaux présentent un moyen de mesurer la pression intra-buccale et la qualité d'un cabinet libéral. Les exemples de liste de diffusion et des questions/réponses posées illustrent l'activité kinésithérapique francophone de la webosphère...

Bonne lecture et n'hésitez pas à réagir

Pierre Trudelle 

 

Commentaires

J’ai lu avec surprise et un peu de désarroi votre éditorial du mois de février de Kinésithérapie la revue.
Au delà de la réflexion sur la dénomination de notre profession (qui pourrait effectivement devenir celle de physiothérapeute, bien plus internationale), je suis quand même surpris par votre vision de notre profession et de la place qu’y tient le massage.
Même si pour grandir, il faut, comme le dit M Rufo, apprendre à se séparer, je ne suis pas sûr que notre profession ait intérêt à se séparer du massage, même dans le titre.

Non pas que je sois inquiet pour le massage, cette technique ancestrale, utilisée de manière empirique depuis la nuit des temps (et encore pratiquée au quotidien dans de nombreuses cultures) et qui sera là bien après que le dernier kiné aura disparu, mais je regrette simplement que le terme de confort, souvent associé à cette technique, lui soit préjudiciable dans son lien à notre métier.

Je suis d’accord avec vous quand vous dites :« Une profession de santé doit montrer son efficacité pour exister et être reconnue à sa valeur. »
Alors, à l’image de “The Touch Research Institute” aux Etats-Unis, nous pourrions donner les moyens au massage de prouver qu’il n’est pas uniquement un acte de bien-être, de confort sans efficacité avérée mais également un geste qui est fondamental dans le soin.

Ce sont, notamment, les dermatologues qui viennent à la rescousse du massage dont se désintéressent les kinés car trop long et pas assez rentable !
Des études montrent (liste disponible sur demande et vaste liste sur Pubmed) le rôle joué par le massage via la peau : (extrait d’un article que j’ai écrit et envoyé à votre revue il y a un an)

La peau met en place une réponse équivalente à celle jouée par l’axe hypothalamus-glande pituitaire - adrénaline et peut produire de la mélatonine, puissant neuro-antioxydant (La peau et le système nerveux central proviennent du même feuillet histologique dans le développement embryologique).
Une étude (8) confirme ce rôle du massage et montre notamment la diminution de la teneur en cortisol dans la salive (le lien entre massage et l’axe hypothalamus-glande pituitaire – adrénaline est confirmé)
Cet effet du massage est corroboré par plusieurs études (9-10-11) chez des adultes qui confirment les effets du massage sur la diminution du cortisol et l’augmentation de la sérotonine et dopamine. Des effets sur l’amélioration de la vigilance et de la concentration sont également mis en évidence lors de tests EEG (12).
Une autre étude récente (Canada) valide l’intérêt du massage dans la réponse immunitaire chez des enfants leucémique …

Tout comme dans d’autres domaines (homéopathie, ostéopathie, etc.), nous pourrions donc « ergoter » pendant longtemps, à coups d’études contradictoires, sur son rôle exact mais, au quotidien, dans nos cabinets (et tous ceux qui le pratique le savent), la demande est là.
Et dire que le massage est inefficace me paraît aussi adapté que de dire que les bêtabloquants (ou l’aspirine, par exemple) sont inefficaces … Tout dépend de l’indication, du dosage, de la posologie, etc. de ce que l’on cherche (dans les études cliniques)!

Je crois que notre profession, empêtrée dans ses contradictions, est encore très jeune (techniquement) et devra probablement établir des ponts, avec les neurosciences notamment, pour grandir, comme elle commence à le faire dans sa vision de la rééducation des affections neurologiques.
Où s’arrête le confort et où démarre le soin ? où commence l’émotion et quand devient-elle réaction neurochimique, et donc organique ? L’émotion fait-elle partie du soin ?
C’est la lecture de Canguilhem qui peut peut-être nous éclairer ou des confrontations avec d’autres professionnels. (Ex, un art-thérapeute fait-il du soin, de la thérapie occupationnelle ou de la garderie ?)
Les frontières n’existent pas et le soin n’est pas qu’un geste technique mesurable, notre corps qu’une mécanique qui se dérègle.

Car, comme vous le dites, au delà du geste, c’est une relation qui se noue, des émotions qui interviennent ; mais, bien que peu quantifiable, cette relation au soin doit-elle être rejetée au profit de techniques « articulaires spécifiques ».

Même si le massage a déjà largement déserté les cabinets de kiné, ne l’achevons pas encore mais réhabilitons le, au contraire :
· Faisons un « Grenelle » du massage (revue exhaustive des massages dans le monde) ; Quels sont les massages pratiqués chez nous, quels sont ceux qui ont un intérêt avéré, ici et ailleurs.
· Mettons en place des recherches cliniques en nous appuyant sur certains massages et en l’utilisant sur d’autres indications que la lombalgie commune (douleur chronique, dépression, maladies immunologiques, DTA, etc.).
· Cherchons à le valoriser par des cotations cohérentes qui permettront de le réhabiliter comme un acte technique, relationnel, empathique ...
· Discutons avec des équipes internationales (Etats-Unis, Canada, Thaïlande, etc.) qui n’ont jamais oubliés ou retrouvés les vertus du massages.
· Etablissons des ponts avec d’autres professionnels (médecins, dermato, neurologues, psychologues, etc.) qui peuvent avoir besoin de kiné pour masser.

Ou alors, considérons que le massage n’est qu’un acte de confort sans intérêt, abandonnons-le (C’était d’ailleurs une des propositions du rapport Attali sur la déréglementation de la kinésithérapie !) au profit de professions moins formées qui prendrons le temps (et l’argent) de l’utiliser, et aux mains de « soignants ? masseurs ? esthéticiennes ? gourous ? » qui récupéreront sans vergogne la pépite que nous jetons aux ordures.
Et les victimes seront alors les patients. (en tout cas ceux qui font appels aux soignants conventionnés)

Pour clôturer ce long courrier, enflammé, je tiens à vous remercier pour la qualité de votre revue, sa rigueur et la tribune qu’elle nous autorise.

Gilles GUETEMME,
Masseur-Kinésithérapeute

http://www6.miami.edu/touch-research/
http://physiotherapist.canalblog.com/ (biblio Etudes massage)
http://www.asscdm.com/articles/200502massageleucemief.htm

Ecrit par : Gilles Guetemme | 01/03/2008

Bonjour Monsieur Guetemme,
Merci pour votre réaction (et d'être le premier !) à réagir. J'ai écrit cet éditorial suite à la conférence de Novembre 2007 qui réfléchissait sur l'avenir de notre diplôme et de notre profession. Ce n'était pas une conférence sur le massage. Cet éditorial a pour but d'amener à réfléchir sur plusieurs points:
- entre masseurs-kinésithérapeutes , il n'y a pas de soucis pour comprendre l'intérêt de toucher le patient, mais quelle image nous véhiculons à l'extérieure? Voyons quelques aspects ci-après;
- est-ce que le fait de s'appeler "MASSEUR-kinésithérapeute" doit se poursuivre quand des revues systématiques de la Cochrane Library montre que le massage n'est pas efficace dans certaines pathologies? Porter dans son titre "Masseur" véhicule le fait que parfois cette technique n'est pas efficace. Pourquoi garder dans son nom de profession des techniques et pas notre rôle? (les physiothérapeutes "soignent la fonction");
- est-ce que le fait de confondre pour certains thérapeutes "esthétique" et "thérapie" n'engendre pas une image auprès de nos patients d'aller chez le kiné car "si ça ne fait pas de bien, ça ne fait pas de mal"?
- Est-ce que le fait d'ignorer les revues systématiques bien conduites nous aide à valoriser notre profession dans un débat "scientifique"? Je rappelle que les revues Cochrane traite d'effets cliniques (les exemples que vous citez sont des articles de sciences fondamentales, mais l'évaluation clinique montre l'impact clinique sur le patient). Combien de revues de kinésithérapie parle de ces articles? Doit-on censurer les travaux qui remettent en cause notre pratique? Devons-nous ne pas toucher au "monopole" pour ne pas être accusé de traître alors que les scientifiques sont neutres et objectifs dans leurs études?
- La thérapie manuelle montre que c'est un ensemble de sollicitation tissulaire à visée thérapeutique qui sont appliquées. On ne parle plus "du bon petit massage", mais d'un travail précis de thérapeute;
- Les physiothérapeutes massent les patients et c'est une technique utilisée et enseignée partout ailleurs. C'est un moyen utilisé en général avec d'autres techniques. Mais la reconnaissance de ces professions s'est faite par la publication de travaux montrant l'efficacité de cet ensemble;
- n'est-il pas temps de lancer des études cliniques pour montrer les actions du massage? Ces limites? Son intérêt? Si nous ne le faisons pas, nous n'aurons pas réussi à le valoriser, et nous serons frustrés quand d'autres personnes l'étudieront pour nous;
- parallèlement, en France, la "thérapie manuelle" est considérée comme de l'ostéopathie, alors qu'ailleurs c'est de la thérapie avec ces mains et une spécialisation pour les kinésithérapeutes (l'ostéopathie étant basée sur un concept de MRP). La revue "Manual Therapy" est une des plus reconnue dans le monde et les articles sont écrits en très grande majorité par des "physiothérapeutes". Parallèlement la revue Internationale d'Ostéopathie (IJOM) n'est même pas indexée dans des bases de données reconnues ("Kinésithérapie, la revue" est mieux indexée qu'elle). Devons-nous rester hypocrite et dire "nous sommes les masseurs qui faisons du confort et les patients sont heureux de leurs bons petits massages par contre, les ostéopathes font les gestes tissulaires fins"? C'est un discours récurrent qui est maintenant entendu à l'Hôpital et donné par des médecins.
Voilà quelques réponses de plus à l'éditorial, elles sont pour l'ensemble des lecteurs et pas pour vous personnellement car je crois que nous partageons beaucoup de points de vue commun. Cet éditorial n'a pas pour but de "tuer" le massage mais de le replacer comme un moyen dans la "thérapie manuelle" et de réfléchir à la définition de notre métier.
Peut être qu'il est temps de se poser des questions et de se tourner vers l'avenir. Mais je sais que beaucoup de professionnels n'osent même pas se poser la question car pour eux la réponse est définitive et monopolistique. Les contacts internationaux que j'ai pu avoir m'ont tous dit la même chose "on est passé par là aussi", devenez des "thérapeutes manuels" (la France est toujours non représentées à la Société Internationale de Thérapie Manuelle et absente du congrès mondiale sur le sujet IFOMT: http://www.ifomt.org/
Le débat est posé je ne suis pas là pour y répondre mais essayer d'amener des arguments.
A suivre...
Pierre Trudelle

Ecrit par : Pierre Trudelle | 01/03/2008

Bonjour,
je suis complètement d'accord avec votre éditorial et la vision que vous avez lorsque vous parler de thérapie manuelle et d'ostéopathie.
La thérapie manuelle c'est de la kinésithérapie, et le massage fait partie de l'arsenal des techniques du thérapeute. Cependant pour prétendre à être des "thérapeutes manuels" et donc employer des techniques "d'ostéo", il faudrait peut être qu'elles soient enseignéés dans les écoles de kinésithérapie...toutes ces techniques spécifiques occupent une petite place dans le programme en comparaison au massage ou à des techniques de mobilisations passives analytiques basiques(par exemple).Je ne vous parle pas de ce qui concerne la poulithérapie (à la mode il y a 20 ans)...
De plus, 3 ans d'études semblent largement insuffisant pour prétendre avoir les qualités nécessaires en thérapie manuelle.
Pour finir, les formations post DE en thérapie manuelle sont non diplômantes à contrario d'une formation en ostéopathie.
Malheureusement, au yeux de la population, le soin ostéopatiques sont beaucoup plus reconnues que les soins kinésithérapiques... Il faut que ça change...

Nicolas S. jeune diplomé

Ecrit par : Nicolas S. | 03/03/2008

J'étais certain que ce numéro provoquerait des réactions… Et pour cause. L'éditorial, dans la continuité des propos tenus par Eva Schonstein et qui ont fait le tour du petit monde de la kinésithérapie, remet en question le titre de "masseur-kinésithérapeute". Encore une exception culturelle française dirons-nous (Hélas pas aussi glorieuse que celle du cinéma que vantait Roberto Begnini lors de la remise de son César d'honneur) mais qu'il faut manier avec délicatesse….

En effet, je ne pense pas que ce soit en dénigrant cette technique, en la décrivant comme étant inutile, que l'on réussira à faire passer le message.

Car si Mme Schonstein nous dit que le massage "ne marche pas", je me permettrai de demander au préalable à cette consoeur Docteur es science, de quoi parle-t-elle? Est-ce qu'il s'agit du massage décrit couramment en première année d'études de masso-kinésithérapie comme étant un enchaînement de sept manœuvres différentes? ou peut-on imaginer comme me le disait récemment un de nos confrères qui a beaucoup écrit sur la question, Michel Dufour, que pour lui le massage s'arrête quand il retire ses mains de la peau de son patient?…
Le drainage lymphatique n'est-il pas une forme de massage? N'a-t-il pas prouvé son efficacité dans le traitement des lymphoedèmes après mastectomie? Le massage des grands brûlés n'est-il pas indispensable?...

Personnellement je suis pour l'harmonisation de la dénomination de notre titre avec celui utilisé dans les autres pays, mais je pense qu'hélas ce changement ne sera pas suffisant à donner à notre profession toute la maturité dont elle a besoin. Il constituera au mieux une facilité de compréhension du statut de chaque kinésithérapeute français à travers le monde.

Je me souviens de mon premier cours de physiologie articulaire. Mon enseignant, qui était un ancien instituteur avait une exigence particulière concernant la rigueur des mots. Il nous obligeait à ne pas nous qualifier de "kiné", car disait-il si vous êtes "kiné" vous ne serez pas des "thérapeutes", et si vous êtes "kinésithérapeutes" vous ne serez plus "masseurs". Je pense avec le recul qu'il n'avait pas vraiment raison car le titre ne fait pas la fonction.

Aujourd'hui notre diplôme d'état est en refonte comme celui des autres professions paramédicales. Que faisons nous pour savoir ce qu'est un masseur-kinésithérapeute? Nous établissons un référentiel métier, pour connaître les compétences nécessaires à l'exercice de la profession. Ce dernier est constitué de l'ensemble des activités que le professionnel est amené à effectuer dans son exercice. Donc si nous devions énumérer chacune de ces acticités dans notre titre, imaginez à quoi il ressemblerait!!...

Mais peut être que pour définir une profession plutôt que de définir ses "activités" faudrait-il en définir ses "missions"…à cogiter….

Pour le reste, ce numéro est particulièrement réussi. Le dossier sur "La kinésithérapie de la grande brûlure" est à la fois un dossier de kinésithérapie mais aussi un dossier sur la socio-psychologie du handicap. Bravo à l'équipe Lyonnaise.

Un avis personnel concernant l'analyse des livres : Si pour moi l'ouvrage de Codine et Herisson est un indispensable sur les instabilités d'épaule celui de Gazielli m'a laissé un peu sur ma faim concernant la rééducation.

Et enfin ce superbe article sur " L'environnement pratique de l'exercice libéral" qui montre le niveau d'exigences et de rigueur que peut avoir un confrère lors de ces choix de lieu d'exercice. Cet article est même un peu déprimant pour beaucoup d'entre nous, car si nous mettons tout en œuvre pour répondre à l'ensemble des critères d'hygiène, d'accessibilité, de matériel de nos cabinets on se rend compte qu'il reste toujours des choses à améliorer malgré tous nos efforts et nos investissements!!. Le problème c'est que dans les grandes agglomérations les praticiens sont souvent les victimes du peu d'espace disponible, augmentant la difficulté de répondre au "cahier des charges" d'un cabinet qui obtiendrait 73 points!

Encore Merci

Frédéric SROUR

Ecrit par : Frédéric SROUR | 04/03/2008

Petite précision, Eva n'est pas contre le massage et elle ne dit pas que c'est inutile. Dans la vidéo elle dit se faire masser. Elle précise que les niveaux de preuve d'efficacité du massage ne sont pas bons. Le débat portait sur notre "nom professionnel". Devons-nous, rester des opérateurs ayant un nom avec des techniques (le dictionnaire grand public: dit "soin par le mouvement" et massage) ou devenir des thérapeutes de la fonction "physiothérapeute" qui donne un aspect "diagnostic des problèmes pour soigner la fonction"? Les autres pays ont effectué ce tournant il y a longtemps. Devons-nous laisser "notre nom" coller à notre mère, si je reprends l'éditorial?
Pierre Trudelle

Ecrit par : Pierre Trudelle | 04/03/2008

Bonjour Monsieur Trudelle,
C’est toujours avec plaisir que je lis votre éditorial qui soulève une fois de plus de nombreuses questions pertinentes qui nous permettent d’avancer dans notre profession.

Je vais aussi tacher d’amener quelques pistes de réflexions…
Vous mettez le point sur la refonte de notre titre (voire du programme) vers une harmonisation mondiale inéluctable. Deuxièmement, vous parlez de ce courant (« evidence based ») qui remet en cause l’utilisation du massage (a la suite de la remise en cause des étirements musculaires par exemple) et de cette nécessité d’obtenir des lettres de noblesse pour notre profession. Enfin, vous soulevez le rapport (les relations) qu’il existe entre masseur-kinésithérapeute, thérapeute manuel et ostéopathe.
Je suis pour ma part d’accord avec M. Guetemme même si je pense qu’on se séparera du nom ‘’masseur’’ dans notre titre mais pas comme moyen thérapeutique –mondialisation oblige- Reste qu’en ce moment de trouble où la profession se bat pour le respect des lois régissant le massage, vous ajouter de l’eau à ceux qui veulent que le massage tombe dans l’escarcelle publique. Nous sommes en train de perdre ce moyen à la fois utile dans le domaine du confort et de la thérapie… par notre faute malheureusement. Combien de massothérapeute et kinésithérapeute touchent encore leur patient dans un cadre défini par la loi ? Pourquoi ne le font ils plus ?
Même si je reste pour ma part persuadé que rien ne distingue un bon masseur d’un bon masseur-kinésithérapeute dans le domaine du bien-être.
Ne risque-t-on pas avec cette séparation de notre titre, de continuer la séparation et la dichotomie des métiers ? Les activités physiques et sportives se sont mises aux « activités physiques adaptées » (et ce n’est qu’un exemple), doit-on laisser le massage à d’autres ?
C’est ce qui se passe dans les pays étrangers : vous avez une formation de physiothérapeute, de massothérapeute, de kinésiologue etc…C’est donc vraisemblablement ce qu’il va se passer.

« Le massage n’a aucune efficacité démontré… » : J’opposerai dans ce débat et dans vos réponses, outre les arguments cités plus haut par mon confrère plusieurs éléments. Tout d’abord, on ne trouve que ce que l’on recherche ce qui rejoint ce qui a été écrit. Les techniques ostéopathiques dans le cadre de la mobilisation de la cheville (entorse) dans les années 80 (ou l’ostéopathie était considérée comme limite secte en France par l’avancement d’argument « non scientifiques » ; eg. Pour la cheville : il n’y avait pas de déplacement visible du talus à la radio) ont été décriées pour être enseignées à l’heure actuelle en masso-kinésithérapie de base à l’heure actuelle. Les massages, à la suite des étirements musculaires, sont remis en cause. Peut-on dire que c’est parce que l’on n’a pas trouvé d’efficacité sur les éléments mesurés dans les études qu’il n’a pas d’efficacité ? Je fais un parallèle avec le dopage –sujet épineux, j’en conviens- : Marion Jones était elle dopée ou pas alors que les tests étaient négatifs ? Tout comme Lance Amstrong contrôlé positif quelques années après parce que le matériel de mesure est ou plus performant ou que l’on sait ce que l’on recherche…
Vous parlez de la valeur des études publiées. Vous savez d’une part que tout ne peut être pris en compte et objectivé dans une étude quelque soit son niveau et qu’il existe des biais aux expérimentations. D’autre part, l’ « impact factor » attribué aux revues dépend de différents éléments. La revue « Journal of Biomechanics » est bien moins côtée que la plupart des revues médicales pendant que c’est une des meilleures revues internationales.

Néanmoins, je reste de votre avis afin de mener des études pour éclaircir tout cela… mais en France, cela reste difficile même si l’on a des volontés… –encore- un autre problème. Il faut quand même garder à l’esprit les limites des revues, des expérimentateurs, des études, des appareils utilisés et tenter de ne pas tomber dans une dissociation cartésienne de l’homme… bien française ! Allier la pratique et la théorie semble bien difficile mais doit, à mon avis, permettre un rapprochement des praticiens et des enseignants-chercheurs…
Et je ne parle pas de l’effet placebo, présent dans toute prise en charge…

Ecrit par : Bellaud E. | 07/03/2008

Bonjour,
J’écris pour réagir à l’éditorial de Pierre Trudelle de février 2008. Je comprends l’envie de crédibiliser la profession mais je ne crois pas que cela passe par de simples changements de termes.
Aujourd’hui, tout le monde reconnaît qu’une activité libérale n’est pas pérenne si elle se limite aux seuls soins : le masseur-kinésithérapeute doit se diversifier, que ce soit à travers la prévention ou l’esthétique par exemple. Le massage n’a pas d’efficacité thérapeutique démontrée ? Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas ce qu’en attendent les patients. Le massage de confort, de bien-être a des vertus en soi et peut tout à fait représenter une partie de l’activité du MK en parallèle aux soins. Cela constitue en effet une grande part de notre formation et je suis contre l’idée d’abandonner cette compétence. Je suis d’ailleurs convaincu que l’association du massage, même non thérapeutique, au kinésithérapeute n’est pas du tout péjorative dans l’inconscient collectif, bien au contraire.
Par ailleurs, je réfute le terme de « thérapeute manuel », bien trop réducteur. Le kinésithérapeute soigne le mouvement et n’est pas un simple technicien. Que faites-vous de l’approche psychologique et du contact ? Que faites-vous des techniques de relaxation ou de gymnastique ? Que faites-vous des techniques physiothérapiques ? Que faites-vous du conseil et de la prévention ? Le kinésithérapeute ne se sert pas que de ses mains.
Je pense que la profession aurait plus à gagner en crédibilité si les MK s’attachaient en premier lieu à respecter les bonnes pratiques professionnelles qui ont tendance à être oubliées dans un trop grand nombre de cabinets.
Bien cordialement,

Ecrit par : Guillaume Plazenet | 09/03/2008

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