08/08/2007
Apprentissage par résolution de problème
Bonjour à toutes et à tous,
Merci pour vos messages, malgré une période estivale, des kinés sont bien là. Pour répondre à des questions reçues, je vais essayer de présenter rapidement un cours PBL (Problem Based Learning) à l'Université de Melbourne. Merci à Peter Bragge et aux etudiants d'avoir accepté d'etre filmé. Merci aussi à Gillian Webb (directrice) de m'avoir ouvert les portes en grand. Il s’agit pour les étudiants de développer une indépendance dans leur apprentissage à partir de cas cliniques réels. Le groupe d’étudiants est de 10 maximum. Le cours que vous verrez a eu lieu le jeudi (de 8h à 10h). Le mardi suivant, ils doivent travailler seuls sur les points identifiés par eux comme inconnus (2 heures seuls en groupe). Le jeudi suivant le tuteur est présent pour voir comment les étudiants ont résolu leurs lacunes et si ils ont réussi à identifier les causes des problèmes du cas clinique et mettre en place une stratégie thérapeutique. Le cas présenté a toujours un titre : « je ne peux pas soulever mon petit-fils » ou comme nous le verrons ici : « Je n’arrête pas de tomber ».
Deux documents sont élaborés :
- un document pour les étudiants qui donne des informations progressivement et des « tâches à accomplir » (lister les informations clés, quels sont les problèmes de Mabel ?, qu’est-ce qui peut expliquer ces problèmes (formuler les différentes hypothèses), pour chaque hypothèse expliquer le mécanisme (au travers des structures atteintes et des fonctions perturbées)). Puis de nouvelles informations sont apportées et le premier texte est modifié. Il faut lister en parallèle les éléments inconnus (tests, résultats d’examen,…) qui sont à résoudre lors de la prochaine rencontre autonome du groupe.
- un second document reprenant les informations fournies aux étudiants est utilisé. Il sert de guide pour le tuteur car il contient les réponses éventuelles des étudiants et les points qu’il faut aborder. L’évaluation est individuelle en fonction de la participation de l’étudiant et des résultats du groupe. Vous aurez une traduction complète de ces documents dans un prochain numéro de Kinésithérapie, la revue. J’ai essayé à travers le petit clip suivant de montrer l’atmosphère et les différentes séquences. Ce n’était pas facile à faire car c’est ce qu’il se passe dans le cerveau des étudiants que je devrais filmer ! Vous verres aussi des supports techniques comme: smart board et Panaboard. N’hésitez pas à poser vos questions. N’oubliez pas que pour lancer la vidéo il faut appuyer sur la petite flèche en bas à gauche de la fenêtre.
A bientôt
Pierre Trudelle
Problembasedlearning à Melbourne
Vidéo envoyée par pierretru
04:00 Publié dans Visite Australie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note




Commentaires
Hola Pieere et à toutes et tous,
C'est très interessant comme d'habitude. J'ai une question a te poser en relation à l'evaluation de ces activités d'ABP. Normalement il y a trois niveux d'evaluation:
- Autoevaluation individuel
- Evaluation du groupe aux autres participants
- Evaluation du tuteur.
Est-ce que c'est comme ça à melbourne? Y-a-t'il de grilles d'evaluation ou autoevaluation? Je suppose qu'il n'y a pas d'examen final, mais y-at'il par exemple un cas clinique final qu'on doit solutioner pour pouvoir voir si les competences proffessionels sont acquises?
Je suis très interesseé a cette domaine et toute information ecrite serais bienvenue.
Bon voyage,
Ramon
Ecrit par : Ramon | 08/08/2007
Bonjour Ramon,
J'ai les grilles d'évaluation pour les PBL. Je vais écrire quelque chose de plus précis dans Kinésithérapie, la revue. Pour le moment, j'essaye d'absorber un maximum de choses et de montrer des choses concrètes avec ces petits clips. J'espère que cela aura un impact en plus des articles que nous publierons...
Pierre
Ecrit par : Pierre | 08/08/2007
Oui Pierre pour l'impact espéré mais avant qu'il y ait une chute il faut lancer quelque chose.
Nicolas ou Patrick sont peut etre à la tête d'IFMK?
Et si au retour de Pierre Ramon nous decrivait la version iberique des études?
dvecj
Ecrit par : jecdv | 10/08/2007
salut à toi dvecj
Je suis enseignant dans une haute école à Bruxelles.
Les problèmes façon "problem based learning" sont des plus intéressant à enseigner (mais également intéressant pour tout thérapeute). Le problème majeur est que celà prend du temps. Les programmes d'enseignements ne sont pas encore tout à fait au point. On y arrive petit à petit.
Patrick
Ecrit par : Patrick | 10/08/2007
Heureux de voir qu'il y a des réactions! Alors que ce sont les vacances. Si l'impact est fort, nous publierons des choses plus précises. Melbourne est à la pointe en ce moment et ils ont de l'expérience. Vous verrez aussi dans les prochains reportages le "Melbourne model". Cela explique aussi l'utilisation de cette méthode d'apprentissage. Les méthodes d'évaluation sont plus dans le sens de chercher à améliorer les possibilités de l'étudiant plutôt que de le sanctionner (à mi-semestre une évaluation intermédiaire est commentée entre le tuteur et l'étudiant, ce qui permet de mettre l'étudiant sur une bonne piste. L'évaluation de fin de parcours permet de voir si l'étudiant s'est amélioré). Encore une fois, j'essaye de montrer que cela existe et que cela marche...
Pierre
Ecrit par : Pierre | 10/08/2007
Content de voir que des enseignants s'interessent, et Pierre qui donne la formule attendue: cela existe et ça marche.
Patrick a répondu , mais Ramon fait la sieste.
Est ce que les enseignants français ont un avis?
ejvd
Ecrit par : Estelle et jc | 10/08/2007
Voilà je me suis reveillé!!!!
Je suis enseignant dans une école de Kinesithérapie près de Barcelone. Avec l'adaptation à l'Espace d'Enseignement Superieur, nous sommes obligés a transfromer nos méthodes pédagogiques pour aller vers l'ABP. En bref toutes les écoles de Kinesithérapie font petit à petit le changement (même si c'est partiel, uniquement pour quelques matières). Le système est cher car la ratio etudiants/tuteur/proffesseur diminue. Alors plus de proffesseurs plus de budget.
Il y a petits goupes normalement de 8-10 eleves qui se trouvent avec un tuteur une fois par semaine. Il y a objectifs qu'ont doit superer pendant tout l'année escolaire. Le tuteur presente plusieurs cas, normalement trois (qu'en principe ne donne que quelques pistes sur le cas). Selon les interets des étudiants et les objectifs a superer (et qui sont INNEGOTIABLES), ils choisissent un cas, et le tuteur complète le cas avec plus de documentation. A partir d'ici, Brainstorming pour fixer quelques lignes de travail (toujours d'accord aux objectifs prealables). et une fois concreter les lignes de travail on divise les responsabilités. A l'autre semaine les etudiants doivent amener les travails basées sur evidence scientifiques et on discute tous la qualité de cet travail. On redefini nouvelles lignes de travail pour etablir a la session suivante les conclusions finales.
Ça supose un bref changement du rôle du proffesseur car evidentment le proffesseur est plutôt un guide qu'un transmisseur du savoir. Il fait voir à l'eleve et au groupe les erreurs ou les ameliorations qu'on doit faire.
Je vous garantise que le proffesseur aprend beaucoup avec cette methodologie!!!!!
A suivre et si vous voulais faire un groupe de travail sur cet domaine mois je m'inscris le premier.
Bon WE asoleillé dans la côte catalane.
Ramon Aiguadé
www.aiguade.com
www.fisiofoto.com
Ecrit par : Ramon | 11/08/2007
Je vous livre des détails du cours dont j'ai la charge. "bilans et examen clinique" (dans les affections musculo-squelettiques): 30heures, qui sert de pré-requis aux cours de kiné en orthopédie (30h), kiné en traumato (30h) et kiné en rhumato (30h).
Il se divise en 15h de théorie (cours devant tous), en parallèle avec 15h de pratique (en 6 petits groupes).
Le cours est donné au début du 2e bachelor en parallèle avec le cours de patho, et précède les 3 cours précités.
Le raisonnement clinique, le diagnostic kiné, les divers types de bilans (articulaire, musculaire,..) forment la base du cours de théorie. Ensuite je montre en pratique les différents tests que les étudiants pratiquent. 15h est tout juste suffisant à cela. Divers éléments facilitent la pratique tels un album photo reprenant les manœuvres. Voir http://www.helb-prigogine.be/fr/0503020401.php
Les "problem based learning" sont plutôt intégrés dans les 3 autres cours dans le cadre de la conception de traitements.
Le problème majeur est que les étudiants manquent de recul pour jongler avec toutes les subtilités du raisonnement clinique et l'esprit de déduction. Un tel cours devrait avoir lieu en 3e bachelor, ce qui n'est pas encore le cas, mais on y travaille.
Le second problème est celui de l'évaluation car l'étudiant n'a aps le patient sous les yeux lors de son analyse du cas.
C'est tout pour ces qq précisions.
Patrick Fransoo
Maitre assistant à la haute école libre de Bruxelles I.Prigiogine
Ecrit par : Patrick | 12/08/2007
Hombre! Quel réveil!
Devons nous penser que les changements de paradigmes pédagogiques sont d'abord difficiles à avaler pour le prof avant de l'être pour l'élève?
Voici deux avis très interessants, européens qui plus est.
Si réforme des études il doit y avoir il n'y a pas loin de penser que nous pourrons compter sur l'espagne et la belgique.
Sinon qu'en pensent les français?
Et les québequois tant qu'on y est.
Allez hop tournée générale, les avis sont ouverts et fortemment attendus.
Ecrit par : Estelle et Jc | 13/08/2007
Toujours aussi intéressantes ces intrusions ailleurs.
Concernant les apprentissages sur cas clinique:
- les étudiants ont-ils un cours théorique de présentation de la pathologie en prélable? (j'ai plutôt l'impression qu'ils découvrent totalement le cas, la patho et le bilan lors du TP?)
- sur les sujets à approfondir, le tuteur les guide-t-il dans les outils à utiliser? (pour éviter de se perdre dans un ouvrage de médecine ou sur internet par exemple...)
- à la fin le tuteur résume-t-il l'essentiel à retenir? en faisant référence à des sources bibliographiques?
Ca demande sûrement pas mal de préparation par le tuteur mais j'imagine que les élèves ont assimilé pendant le TP.
Ecrit par : Marie Bacelon | 22/08/2007
Bonjour Marie,
Je vais demander à Vanessa Smith de te répondre. Il n'y a pas de cours de pathologie comme chez nous, les informations sont incluses dans les documents papiers fournies ou l'étudiant va chercher en bibliothèque/Internet l'info. On parle de "structures et de fonctions"...
Les étudiants ont des cours de recherche documentaire, les ressources bibliographiques essentielles sont listées dans les documents écrits.
Pierre
Ecrit par : Pierre | 27/08/2007
Ecrire un commentaire